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La dyslexie d’Alexis

Écrit par : Marielle Potvin

27 mai 2015

Rien ne laissait présager que ce garçon serait dyslexique. En effet, il est bien difficile d’observer les indices d’une dyslexie avant l’entrée à l’école.

Les premiers signes

Alexis avait eu un parcours sans histoire, jusqu’à son arrivée en première année. Les différents apprentissages comme le langage, la propreté et la marche s’étaient tous déroulés sans histoire et à un âge normal.

À la maternelle, l’enseignante avait bien noté quelques difficultés, entre autres en conscience phonologique, mais rien de majeur.

Quelques semaines se passent avant qu’il ne commence à perdre sa motivation. Le matin, il est de moins en moins enthousiaste à l’idée de se rendre à l’école, et le soir, la période des devoirs devient de plus en plus pénible.

Quand on soupçonne une dyslexie

Les parents commencent à s’inquiéter. Ils se demandent même si leur fils ne serait pas dyslexique. Son enseignante, quant à elle, ne semble pas s’en faire outre mesure. Après tout, chaque enfant évolue à un rythme qui lui est propre.

Puis, Noël arrive, précédé d’un premier bulletin scolaire. La majorité des enfants de la classe d’Alexis savent déjà lire, alors qu’il a encore du mal à associer les voyelles avec le son qu’elles produisent.

Alexis et ses parents passent de plus en plus de temps à la période des devoirs, ils tentent de lui faire récupérer ce retard dans ses apprentissages. L’enseignante a demandé un suivi avec l’orthopédagogue de son école. Alexis commencera un suivi avec celle-ci en janvier, à raison de deux fois par semaine, avec trois autres amis qui ont de semblables difficultés.

Tout le monde reprend confiance. Ce retard ne saurait durer… Et puis, il est encore trop tôt pour parler de dyslexie.

Pourtant, peu avant la semaine de relâche, en mars, les parents d’Alexis reçoivent une communication de l’orthopédagogue: « Votre enfant progresse difficilement. Il ne reconnait que quelques lettres, avec aide. Il confond les lettres b-d-p-q à la lecture comme à l’écriture. Il manque parfois de participation aux activités proposées. Il ne reconnait que quelques mots-étiquettes et peine à écrire son nom. Continuons de l’encourager ! »

La dyslexie sera-t-elle décelée à l’école ?

L’enseignante exprime aux parents qu’il pourrait bien  « débloquer » en cours d’année, avec des efforts et un peu plus de maturité. Mais l’année se termine, sans que la situation d’Alexis ait le moindrement changé, ou si peu…

En fait, sa situation a beaucoup changé. Entre l’enfant qui partait heureux, sac à dos tout neuf au dos, et celui que l’on connait maintenant, il y a un monde de différence dans la façon dont il se perçoit. Il passe régulièrement des commentaires négatifs sur lui-même, se dévalorise et se croit même le moins intelligent de sa classe.

Ses parents, quant à eux, commencent à désespérer. Les récompenses et les promesses n’ont rien apporté à la véritable corvée que représente maintenant l’heure des devoirs. De l’école, il reçoivent depuis quelques mois de petits mots à l’agenda disant qu’Alexis n’étudie pas assez ou à l’effet qu’il a encore échoué tel ou tel test.

L’automne suivant ramène Alexis à l’école. Bien que n’ayant pas acquis la correspondance entre les lettres et les sons, il est inscrit en 2ème année. Mis à part la lecture et l’écriture, il réussit assez bien dans les autres matières.

Cette fois, il est suivi en orthopédagogie dès septembre. Cette nouvelle année se déroule aussi difficilement que la première, à quelques nuances près.

Dyslexie ou trouble de l’attention ?

Comme c’est souvent le cas, on soupçonne un trouble de l’attention. Sur la recommandation de l’enseignante, les parents amènent donc leur fils chez le pédiatre, qui propose de compléter un formulaire pour vérifier cette hypothèse : Alexis ne souffre pas de déficit d’attention, c’est confirmé.

Les parents font donc quelques recherches sur Internet pour découvrir que leur fils serait possiblement atteint d’un trouble d’apprentissage appelé  « dyslexie ». Ils apprennent que le préfixe  « dys- » réfère à une difficulté persistante, voire à un incapacité permanente, et  « lexie » signifie lecture. De même  « orthographie » signifie « écriture droite ».

Il s’agirait donc d’un trouble permanent, en opposition à une difficulté passagère. Ils lisent aussi que la dyslexie est un trouble spécifique de la lecture qui touche de 8 % à 12 % de la population (à des degrés variables) dont l’origine est neurologique et la cause génétique.

Quand et par qui obtenir un diagnostic de dyslexie ?

Comme on leur conseille de le faire sur des sites qui leur procurent des informations fiables au sujet de la dyslexie, ils prendront un rendez-vous chez un neuropsychologue.

Heureusement, les parents d’Alexis détiennent une assurance-collective qui couvre les honoraire de ce professionnel. À plus de 1 200 $ l’évaluation, l’aspect financier est à considérer.  Le rendez-vous, qui pourrait avoir lieu le mois prochain, doit être reporté, puisqu’un diagnostic de dyslexie ou de dysorthographie ne peut être posé qu’après au moins deux ans de scolarité.

Entre temps, les parents reçoivent les informations suivantes lors de la remise des bulletins :
En lecture: « La lecture est lente et hésitante, transformer les lettres en sons ou décortiquer les mots en syllabes semble un défi insurmontable pour Alexis. Les mots dont la fréquence d’usage est moins grande sont lus encore plus lentement et de façon très segmentée. les mots irréguliers (c’est-à-dire qui ne se lisent pas aux sons, comme les mots « femme » et « monsieur ») ne sont pas lus avec exactitude. Les sons sont transformés. Les mots sont devinés à partir de leur apparence visuelle (exemple : Alexis lit « jamais » au lieu de « j’avais »). En écriture : Alexis n’utilise pas la bonne lettre ou groupe de lettres pour représenter un « son ». Il a tendance à substituer certaines lettres (ex. f/v, t/d). Il omet, ajoute ou déplace des lettres dans le mot (ex. il écrit « abre » au lieu d’arbre). Il colle des mots ensemble ou coupe des mots de façon inappropriée (ex. « tout à coup » est écrit toutacou).

Bref, Alexis écrit au son de façon systématique

Heureusement, Alexis a profité d’un diagnostic assez précoce. Il entreprendra sa 3ème année en sachant que la cause de ses difficultés est une dyslexie.

Ainsi, il obtiendra les aides technologiques qui lui seront utiles tout au long de sa scolarité. Il apprendra la frappe au clavier, pour bénéficier de ces puissants logiciels qui pourront lui lire tout texte en format PDF, et qui lui permettront d’écrire correctement.

Tous les espoirs sont maintenant permis pour le parcours scolaire d’Alexis, comme pour tous les enfants dyslexiques, quelle que soit le degré de l’atteinte (légère, modérée ou sévère).

Un plan d’intervention sera mis en place à son école, et outre quelques dommages temporaires à son estime de lui-même, il peut maintenant reprendre le chemin de l’école le cœur souriant.


Marielle Potvin, orthopédagogue
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