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Le « Terrible Two ». Quand ? Pourquoi ? Quoi faire ?

Écrit par : Hélène Fagnan

10 octobre 2013

Le célèbre « Terrible Two » ! Plusieurs parents n’arrivent pas à comprendre pourquoi de petites cornes ont soudainement poussé sur la tête de leur petit ange. Voici quelques éléments pour les aider à faire face à cette étape du développement de leur enfant.

Quand ?

Le « Terrible Two » fait souvent son apparition vers 18 mois. Il peut être présent de façon intermittente ou peut continuer et s’étendre jusqu’à l’âge de 4 ans. Mais chaque enfant est unique et a donc son propre rythme de développement.

Comment ?

Il se caractérise par de fortes réactions sur… à peu près TOUT !!!

  • Votre enfant veut mettre ses bottes tout seul;
  • Il ne veut pas manger maintenant;
  • Il veut le verre rouge… NON, le bleu, à l’arrivée du rouge;
  • Il tape, pince, pousse, mord, crie, pleure et exige d’obtenir ce qu’il désire MAINTENANT !

Tel qu’indiqué précédemment, chaque enfant est différent, alors à chacun sa recette de « cocktail de comportements ». Certains enfants seront des petits crocodiles pendant quelques temps et d’autres seront plus adeptes de la « crise du bacon ».

Pourquoi ?

À cet âge, l’enfant est en recherche d’autonomie, donc il veut tout faire tout seul et aimerait tout réussir du premier coup. Il vit plusieurs émotions qui l’envahissent très rapidement et qu’il n’arrive pas à identifier ni à contrôler.
Depuis sa naissance, on lui a donné tout ce dont il a besoin, et ce, souvent sans aucun délai. Il est donc difficile pour lui de comprendre pourquoi on lui demande d’attendre ou pire… qu’on lui dise NON ! Il doit apprendre à tolérer des délais et surtout à contrôler la colère qui l’envahit lorsqu’on lui impose une limite.
Tous ces comportements sont sa façon de communiquer. N’ayant pas le vocabulaire pour se faire comprendre, il utilise les moyens qu’il connaît. Et ceux-ci sont souvent TRÈS efficaces ! Pour lui, la logique est simple : son ami lâche son camion s’il lui mord le bras…


Quoi faire ?

  • Prévenir du début ou de la fin d’une activité. « Dans 5 minutes, quand la minuterie va sonner, il sera temps de ranger et de se laver les mains. » Vous pouvez utiliser une horloge ou encore aller choisir avec lui une minuterie dans magasin bon marché. Même si l’enfant ne comprend pas ce que représentent 5 minutes, il comprend que la fin approche.
  • Offrir des choix à notre enfant est un très bon moyen pour ne pas toujours se retrouver en confrontation. Les enfants se font imposer presque tout dans leur vie; ce qu’ils mangent, quand ils doivent dormir, combien de temps ils ont le droit de regarder la télévision, etc. Cela peut devenir très frustrant pour un enfant. Par contre, si vous lui offrez la possibilité de choisir certaines choses, il aura plus l’impression d’avoir un certain pouvoir sur sa vie. Les choix « contrôlés » peuvent être très efficaces. Toujours donner deux choix à l’enfant, que vous aurez au préalable choisis ! « Tu veux du lait ou de l’eau ? »
  • Tous les enfants aiment se sentir utiles. Donnez une responsabilité à votre enfant, si petite soit-elle, cela le remplira de fierté.
  • Stimuler le langage en lui fournissant des mots pour l’aider à s’exprimer. En exprimant ce qu’il ressent, il se sentira écouté et compris par vous. Proposez-lui de courtes phrases avec des mots simples : « Tu es fâché parce que tu voulais encore jouer à ton jeu. Dis-le : « Je suis fâché ! » Je comprends, cependant, il est temps de… » Les cris, pleurs et comportements agressifs diminueront de façon considérable au fur et à mesure qu’il fera l’acquisition du langage. Les chansons et des imagiers peuvent aussi être de bons moyens pour stimuler le langage.
  • Détourner son attention pour lui changer les idées. Exemple : « Wow, viens voir ma belle, il y a un chat dans la cour ! » ou encore « Veux-tu un verre d’eau ? »
  • Utiliser l’humour pour dédramatiser les situations.
  • Ignorance intentionnelle et renforcement positif. Plus vous ignorerez ses comportements dérangeants, moins l’enfant en retirera de l’attention. Il sera donc moins porté à les répéter surtout si vous accordez beaucoup d’attention à ses « bons coups ».
  • L’observation des comportements de votre enfant peut parfois être très révélatrice et peut vous aider à mieux le comprendre.

Oui, mais quand je suis ferme, il pleure et ça me fend le cœur !

Rappelez-vous la raison pour laquelle vous imposez une limite à votre enfant. Vous tentez de lui apprendre quelque chose qui lui servira toute sa vie. Vous lui permettez d’apprendre :

  • à respecter certaines règles;
  • à composer avec la frustration provoquée par une contrainte;
  • à exprimer son opinion et ses frustrations de façon acceptable;
  • à se responsabiliser face aux choix qu’il fait.

Nous aimerions tous que nos apprentissages se fassent dans la facilité, le confort et le plaisir. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas. Votre rôle de parent n’est pas de TOUJOURS faire plaisir à votre enfant ni de tout faire pour qu’il y ait TOUJOURS un sourire dans son petit visage d’ange. Personne n’est toujours heureux, mais on apprend à l’accepter et à composer avec ça en ayant confiance en l’avenir. Rappelez-vous donc que vous êtes alors un parent qui guide son enfant dans son développement malgré le fait qu’il pleure. VOUS n’êtes pas la cause de ses pleurs. IL a choisi d’agir d’une façon plutôt qu’une autre et vous ne faites que lui faire réaliser les conséquences de son choix.

Constance et cohérence

Bien que vous lui donniez des choix et que vos règles soient claires, si vous n’êtes constant et cohérent dans vos attentes et dans vos conséquences, les comportements que vous tentez de faire disparaître persisteront. Il est très important que votre enfant puisse anticiper votre réaction.

Renforcer le lien affectif

Un des moyens les plus efficaces est de vivre des moments agréables avec votre enfant. Plus vous serez complice avec votre enfant, plus il aura envie de vous faire plaisir. Les meilleurs moments sont souvent les plus simples. Jouer à son jeu préféré, se chatouiller, bricoler ensemble, faire une recette ensemble, etc.
Malheureusement, il n’y a pas de recette magique pour faire disparaître le « Terrible Two ». Malgré tout ce que vous mettrez en place, cette période reste difficile à vivre au quotidien pour tout le monde, y compris pour votre petit ange cornu ! Vous devez donc vous armer de patience et vous offrir des moments sans les enfants.

Bonne chance !

 


Hélène Fagnan, coach familial
Fondatrice de Nanny secours

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