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Quand le couple se sépare…

6 mai 2019

La séparation

Au Québec, un enfant sur 4 âgé de moins de 8 ans a vécu la séparation de ses parents1! Quand survient cet événement, qu’une personne ait quitté l’autre ou que la rupture soit effectuée d’un commun accord, chacune doit vivre le deuil de la relation et de la famille nucléaire2 à son rythme. 

Les conflits

On sait tous que les raisons qui motivent cette décision déterminante sont multiples et rarement simples. Parfois, un couple décide de mettre un terme à la relation en raison des conflits conjugaux qui sont importants, fréquents, intenses ou chroniques. Les études démontrent que, lorsque la relation est marquée par des conflits fréquents et des tensions, la séparation est alors préférable pour les enfants de la famille. En effet, être exposé aux conflits conjugaux de manière répétitive sans être témoin d’une réconciliation peut avoir des effets néfastes sur les enfants. Ceux-ci peuvent se sentir inquiets, tristes, impuissants, par exemple. Ils peuvent constater que leurs parents sont en colère, déçus ou eux-mêmes tristes et vouloir les consoler, ce qui n’est pas leur rôle.

Ainsi, si la séparation mène à la fin des conflits ou du moins, à une diminution importante de ceux-ci ou encore à la fin de l’exposition, les enfants peuvent en ressortir gagnants. Ils pourront voir leurs parents regagner le bonheur, chacun de leur côté.

L’annonce aux enfants

Ça y est : la décision de dissoudre le couple est bel et bien prise. Maintenant, comment l’annoncer aux enfants? Il est primordial de les rassurer : ils n’y sont pour rien, les parents continueront de les aimer toujours et aussi fort. Cela peut aller de soi pour les parents, mais il est crucial de le verbaliser explicitement aux jeunes. Idéalement, on devrait annoncer la séparation ensemble, en s’entendant sur ce qui sera dit. On ajuste le langage à l’âge de l’enfant ainsi qu’à son niveau de compréhension et on s’en tient aux informations nécessaires et essentielles. Les détails plus intimes ne concernent que les adultes.

Aussi, on prend le temps de répondre aux questions des enfants sans aller au-delà de celles-ci. Cela permet de respecter le rythme de compréhension de l’enfant sans lui imposer des informations qu’il n’est pas nécessairement prêt à recevoir et à traiter. On s’assure de choisir un lieu et un moment calme et propice à l’annonce. Par exemple, si notre ado s’apprête à entamer ses examens de fin d’étape, il peut être avisé d’attendre après cette période stressante pour faire l’annonce de la séparation parentale.

La fin de la famille nucléaire

Cela constitue un deuil pour bien des parents qui auraient souhaité une famille unie pour leurs enfants. Le fait de ne plus voir ses enfants tous les jours nécessite également une adaptation pour les parents. Il importe donc de choisir une modalité de garde permettant l’épanouissement, autant que faire se peut, de l’ensemble des membres de la famille. À partir du moment où l’enfant est capable d’exprimer ses propres désirs, il importe d’en tenir compte. Cependant, attention de ne pas entrer dans une dynamique de compétition avec l’ex-conjoint quant à la part d’affection reçue de ses enfants! Ce sont ces derniers qui en souffriraient le plus. Aussi à éviter : demander aux enfants, devant les parents, de décider avec qui il veut habiter. Ceci peut créer un conflit de loyauté et il est fort possible de ne pas connaître la réelle opinion de ces derniers. 

Une transition en douceur

Le plus possible, on tente de faire la transition doucement vers la nouvelle vie familiale. Certains ex-conjoints, grâce à leur bonne entente, décident de conserver la maison familiale où les enfants vivent à temps plein alors que ce sont les parents qui viennent y vivre une semaine sur deux, par exemple. Si ce n’est pas réaliste pour notre famille, on peut s’entendre pour que les ex-conjoints restent dans le même quartier afin d’éviter un changement d’école et pour faciliter l’adaptation des enfants, qui conservent les mêmes points de repère ou qui peuvent aller chez l’autre parent à pied, par exemple.

Les ressources externes

Il est possible de faire appel à un médiateur ou à une médiatrice familiale. Au moment d’une séparation, cinq heures de consultation sont subventionnées et donc, offertes gratuitement aux ex-conjoints. Avoir une tierce personne neutre peut être aidant pour gérer les aspects financiers et les modalités de garde. On peut aussi recevoir le soutien d’un professionnel des services sociaux au CLSC de notre quartier afin de nous soutenir dans cette transition plus en douceur pour tous. Surtout, il ne faut pas hésiter à demander du soutien à notre réseau personnel (grands-parents, amis de la famille) en cas de besoin, que ce soit au plan psychologique ou matériel.

Notes légales

1. Selon l’infographie « La famille québécoise en chiffres » de Naître et grandir publiée en janvier 2016.

2. Famille nucléaire : Famille composée d'un père, d'une mère et d'enfants vivant tous sous le même toit. Cela inclut aussi les familles composées de parents adoptifs et les familles homoparentales.

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